À l’occasion des Learning Technologies à Paris le 29 et 30 janvier 2025, j’ai mené une dizaine d’interviews avec des CMO et CEO de l’EdTech. Dans ce deuxième portrait, j’ai le plaisir d’échanger avec Guillaume Poret, Responsable Marketing chez Apolearn.
Bonne lecture !
Qui êtes-vous ?
Je suis Guillaume Poret, responsable marketing chez Apolearn. Mon rôle est de développer la notoriété de la marque, d’acquérir de nouveaux clients et d’assurer une continuité dans notre identité.

Qu’est-ce qui vous énerve et vous réjouit actuellement dans votre secteur ?
Aujourd’hui, Apolearn est bien implanté auprès des organismes de formation, des CFA et de l’enseignement supérieur. Mais nous nous développons de plus en plus sur le segment des entreprises, car leur besoin de montée en compétences ne cesse de croître avec l’évolution rapide des technologies et des métiers.
Ce qui me frustre dans le secteur de la formation, c’est que l’attention est majoritairement portée sur les apprenants, alors que les formateurs, eux, sont souvent négligés. Or, ce sont eux qui font la formation ! On pense plus à l’utilisateur final qu’à ceux qui conçoivent et délivrent les formations : les formateurs, les ingénieurs pédagogiques et les responsables de formation. Chez Apolearn, nous essayons d’y remédier en leur apportant des outils intuitifs et en facilitant leur travail.
Un autre point qui me dérange est l’accessibilité encore trop limitée des contenus de formation. En France, 17 % de la population est en situation de handicap (permanent ou temporaire), mais seulement 5 % des contenus numériques sont accessibles. C’est un énorme décalage. Le handicap est d’ailleurs le premier motif de discrimination dans le monde du travail, selon le Défenseur des droits (2022). Pourtant, c’est un enjeu que l’on pourrait beaucoup mieux adresser.
Heureusement, nous observons aussi des tendances positives : l’accessibilité devient un sujet que l’on commence enfin à prendre à bras-le-corps. Chez Apolearn, nous avons intégré ces considérations dès la création de notre plateforme et nous les développons constamment, notamment grâce à l’IA. Son potentiel nous permet d’améliorer l’accessibilité sans alourdir la charge des formateurs, en automatisant certains processus.
Comment voyez-vous votre secteur dans 5 ou 10 ans ?
Dans 5 à 10 ans, l’IA aura pris une place prépondérante dans la formation. Mais je ne crois pas qu’elle remplacera un formateur humain : elle n’aura jamais cette capacité d’échange et de relation humaine essentielle entre formateur et apprenant.
En revanche, elle va permettre de réduire drastiquement le temps de création des formations. Aujourd’hui, la conception pédagogique prend beaucoup de temps. L’IA pourra assister les formateurs en générant du contenu de base, en créant des évaluations, voire en corrigeant certains exercices. Cela libérera du temps aux formateurs pour se concentrer sur le suivi individualisé et la personnalisation des parcours. Par exemple, ils pourront accompagner de manière plus approfondie les apprenants en difficulté et pousser les plus avancés encore plus loin.
L’accessibilité continuera aussi de progresser. Nous devrions voir émerger des outils capables de transcrire en langue des signes ou de simplifier des documents complexes pour les rendre compréhensibles à tous. Ces avancées seront essentielles pour garantir un accès équitable à la formation et favoriser l’employabilité des personnes en situation de handicap.
Enfin, il y a un enjeu majeur sur l’adoption des outils de formation. Un LMS ne sert à rien si les utilisateurs ne s’en emparent pas. L’une des problématiques du digital learning aujourd’hui, c’est que beaucoup de contenus restent sous-exploités. Il faudra trouver des solutions pour améliorer l’engagement et l’utilisation des plateformes, notamment en accompagnant davantage les formateurs dans la prise en main des outils.
Quels sont vos canaux d’acquisition marketing les plus efficaces ?
Chez Apolearn, plusieurs canaux fonctionnent très bien. Le premier, ce sont les webinaires. Nous en organisons régulièrement avec des experts, sur des thématiques précises et avec des conseils concrets immédiatement applicables. C’est un format qui plaît beaucoup car il apporte une réelle valeur ajoutée aux formateurs.
Ensuite, LinkedIn est un levier puissant, notamment en organique. Nous y publions du contenu de qualité, souvent issu de nos webinaires ou de nos livres blancs. L’objectif est d’apporter des insights pratiques, loin des théories académiques parfois trop abstraites.
Les livres blancs sont également un excellent canal d’acquisition. Un bon livre blanc peut être décliné en plusieurs contenus LinkedIn et nourrir notre stratégie de contenu sur plusieurs semaines.
Quelle est votre utilisation de l’IA ?
Nous avons deux grands axes d’utilisation de l’IA.
Le premier concerne l’ingénierie pédagogique. L’IA assiste les formateurs en automatisant certaines tâches : création de contenus, scénarisation de parcours, génération de QCM, rédaction de cas pratiques, voire correction automatique de certains exercices. Cela permet aux formateurs de se concentrer sur ce qui compte vraiment : l’accompagnement humain.
Le second axe est l’accessibilité. Nous utilisons l’IA pour proposer des fonctionnalités comme :
- La transcription automatique d’audio en texte et vice-versa,
- La description d’images en texte ou en audio,
- La conversion de documents en format FALC (Facile à Lire et à Comprendre) pour les personnes ayant des besoins cognitifs spécifiques,
- La simplification et le résumé automatique de contenus.
L’IA devient ainsi un assistant précieux pour les formateurs, tout en rendant la formation accessible à un public plus large. Mais nous veillons à ce que son usage reste simple et intuitif : pas besoin de maîtriser les prompts ou d’avoir un compte spécifique pour l’utiliser. L’objectif est que chacun puisse en tirer parti sans obstacle technique.

Conclusion :
L’avenir de la formation repose sur un subtil équilibre entre technologie et interaction humaine. Si l’IA permet d’accélérer la création de contenus et d’améliorer l’accessibilité, elle ne remplacera jamais le rôle fondamental du formateur dans l’accompagnement des apprenants. Chez Apolearn, l’objectif est clair : mettre l’innovation au service de la pédagogie, pour rendre la formation toujours plus efficace et inclusive. L’enjeu des prochaines années sera donc d’intégrer ces outils intelligemment, en garantissant une adoption fluide et une vraie valeur ajoutée pour les formateurs et leurs apprenants.
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