Quand vous entendez “Collaboration entreprises & enseignement supérieur”, vous pensez sans doute à une collaboration sous forme pécuniaire, souvent des grandes écoles grassement financées par des grands groupes. Non ?
Pourtant, les partenariats pédagogiques sont bien plus enrichissants aussi bien pour les étudiantes que pour votre entreprise. Ces collaborations visent à créer des ponts entre le monde académique et celui de l’entreprise, permettant aux étudiants de bénéficier d’expériences pratiques et aux entreprises de puiser dans un vivier de talents émergents.
Comment maximiser l’efficacité de ces collaborations et quels sont les écueils à éviter ?
Cet article est le fruit d’une belle collaboration avec Laetitia Cuirot, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler pendant 3 ans. Aujourd’hui, nous mettons notre expertise en éducation au service des entreprises !
Sommaire :
Quelles formes une collaboration entre enseignement supérieur et entreprise peut-elle prendre ?
Mais d’abord, qu’ont les parties prenantes à gagner ?
Pourquoi entreprises et enseignement supérieur devraient-elles collaborer ?
Un des principaux défis des entreprises est le manque de définition des objectifs du challenge.
Les entreprises doivent savoir ce qu’elles veulent obtenir de cette collaboration : visibilité, recrutement ou génération d’idées.
Cherchez-vous à générer de la visibilité, des profils pertinents ou des idées ?
La visibilité auprès des écoles et universités est souvent perçue comme un « nice to have ». Pourtant, une stratégie sur le long terme peut apporter une grande valeur ajoutée. Et oui, un challenge peut se renouveler d’une année sur l’autre !
En effet, lancer un challenge étudiant permet aux entreprises de générer des idées innovantes grâce à la créativité des étudiants mais aussi de repérer directement les étudiants les plus investis ! Un processus très intéressant lorsque l’on souhaite recruter auprès de la génération Z.
Vous l’aurez compris, le business game accroît la visibilité de l’entreprise auprès des étudiants et des institutions académiques, renforçant ainsi sa marque employeur.
Cependant, il faut savoir comment s’y prendre pour que cela soit efficace.

Définissez un sujet qui rassemble les étudiant.es
Pour lancer un projet en école, les entreprises doivent proposer des sujets attractifs. Actuellement, les thématiques touchant à l’IA, aux réseaux sociaux ou aux nouvelles technologies captent particulièrement l’intérêt des étudiants. Pourquoi ? Tout simplement car ces sujets sont en vogue et donc pertinents pour leur avenir professionnel.
Notre conseil : N’hésitez pas à être très spécifique, surtout avec des classes de Master spécialisées. Le général ne les intéresse pas et ne leur ouvrira pas d’opportunités professionnelles ! Prenez l’exemple de Ubeeko fondé par Ghislain Mazars qui développentdes challenges spécialisés dans la data science. Ou encore EDUCATIA qui a lancé en septembre dernier un challenge avec la Digital Factory de Givaudan avec une thématique sur l’IA.
Résultat: plus de 600 participants !
Exemples de collaborations entreprises & enseignement supérieur
Les entreprises souhaitent souvent interagir avec les écoles, mais manquent de temps pour s’investir pleinement. Bien des moyens existent : visites guidées de leurs locaux, organiser des sessions de coaching en ligne, proposer des entraînements aux entretiens RH ou encore offrir des conférences ponctuelles.
Mais le moyen le plus efficace de créer une relation sur le long terme avec une ou plusieurs écoles reste le “Business Game” aussi appelé “Challenge” ou encore “Projet entreprise”.
Il s’agit d’un concours organisé dans le cadre du cursus académique autour d’une thématique auquel les étudiant.es participent et dont les meilleur.es sont sélectionné.es et récompensé.es.
Voici des exemples de compétitions : https://educatia.fr/business-games/
Bonnes pratiques d’une collaboration réussie entre enseignement supérieur et entreprises
Les entreprises et les grandes écoles ou universités sont deux mondes différents qui ne parlent pas la même langue. Il est temps de les rassembler !
Quand lancer mon business game ?
L’erreur à ne pas commettre est de lancer une collaboration avec une université alors que l’année universitaire est sur le point de se terminer. Par exemple, décider d’organiser un concours en avril alors que le semestre est déjà bien avancé est souvent contre-productif.
Ca vous semble incongru ? Pourtant nous l’avons vu si souvent !
En France, les mois les plus propices pour commencer une collaboration sont septembre-décembre et janvier-mai. En Allemagne, les semestres se déroulent plutôt d’octobre à janvier puis de mars à juillet. Dans l’hémisphère Sud, les grandes vacances sont en janvier et février…
Pour lancer un concours d’innovation au premier semestre universitaire, disons en septembre, avec un sujet comme “Comment l’IA peut-elle réduire la durée des recrutements”, il faut le planifier en avance ! Les écoles construisent leurs plaquettes pédagogiques dès mai, voire encore plus tôt dans les pays germanophones ! Assurez-vous que vos écoles et universités partenaires peuvent intégrer votre projet dans leur curriculum.
Notre conseil: En France, optez pour un démarrage en septembre !
Par exemple : BPIFrance, chaque année de début septembre à fin novembre, un challenge autour du Web3 et de la blockchain.
Résultat : entre 400 et 500 participants à chaque édition !
Combien de temps doit durer un Business Game ?
Les rythmes de travail varient selon les écoles.
Certaines privilégient les modèles intensifs comme les InnoDays ou “Journées de l’Innovation”, tandis que d’autres préfèrent intégrer les projets entreprises dans des cours répartis sur un semestre.
Il est donc crucial de prendre en compte ces dynamiques et de proposer des projets qui durent suffisamment longtemps pour que toutes les écoles puissent y participer.
Notre conseil: un challenge doit durer entre 2 et 3 mois pour laisser le temps à un maximum d’écoles d’y participer. Si vous n’avez pas le temps d’organiser ce type de projet, des entreprises comme Educatia peuvent le faire pour vous !
Comment présenter au mieux mon challenge ?
Il est essentiel de bien communiquer les informations aux étudiants.
N’hésitez pas à varier les formats, un site web comme sur Educatia pour avoir accès au brief et aux ressources, des vidéos explicatives, des sessions de Q/A…
Utiliser plusieurs canaux de communication comme les e-mails, les réseaux sociaux, ou même des plateformes comme Slack ou Discord. Il ne s’agit pas de dupliquer nécessairement les canaux de communication mais plutôt de trouver les plus adaptés. Certaines communautés tech favorisent Discord, tandis que Slack se retrouve plus dans les communautés d’entrepreneurs.
Notre conseil : Les informations principales doivent être toujours disponibles par écrit et facilement accessibles. Epinglez les publications les plus importantes pour éviter les questions trop fréquentes ! Si vous avez besoin de conseils sur la planification de la communication de votre challenge, vous pouvez faire appel à moi.
Donner la meilleure image de votre entreprise
Critères de notation et feedbacks lors de challenges étudiants
Lorsque vous lancez un challenge étudiant, tous les participants n’iront pas en finale. La grande majorité des équipes ne sera pas sélectionnée, néanmoins les étudiants ont fourni un travail et souhaitent avoir des retours dessus.
Il est donc important d’avoir au préalable un ensemble de critères et leur pondération. Par exemple, évaluer les étudiants comme si vous cherchiez à recruter, avec des critères réalistes, peut être une bonne approche.
Les écoles attendent des feedbacks constructifs pour aider leurs étudiants à progresser, ce qui peut prendre du temps. Mais des outils simples comme Google Drive ou Airtable peuvent centraliser les documents et faciliter les échanges de feedbacks sans nécessiter de gros moyens technologiques.
Notre conseil: Si vous n’avez pas le temps d’évaluer tous les dossiers, certaines entreprises font une pré-notation pour vous, nous vous laissons deviner laquelle ! 😉
Lorsque vous lancez un challenge étudiant, tous les participants n’iront pas en finale. La grande majorité des équipes ne sera pas sélectionnée, néanmoins les étudiants ont fourni un travail et souhaitent avoir des retours dessus.
Il est donc important d’avoir au préalable un ensemble de critères et leur pondération. Par exemple, évaluer les étudiants comme si vous cherchiez à recruter, avec des critères réalistes, peut être une bonne approche.
Les écoles attendent des feedbacks constructifs pour aider leurs étudiants à progresser, ce qui peut prendre du temps. Mais des outils simples comme Google Drive ou Airtable peuvent centraliser les documents et faciliter les échanges de feedbacks sans nécessiter de gros moyens technologiques.
Notre conseil: Si vous n’avez pas le temps d’évaluer tous les dossiers, certaines entreprises font une pré-notation pour vous, nous vous laissons deviner laquelle ! 😉
Quelle propriété intellectuelle ?
Il est crucial d’établir des contrats ou des accords détaillant la répartition des droits de propriété intellectuelle dès le début de la collaboration. Les contributions des étudiants doivent être reconnues, et des accords de copropriété ou de transfert de droits doivent être négociés si nécessaire. Les clauses de confidentialité doivent également être intégrées pour protéger les informations sensibles échangées durant le projet.
Voici quelques erreurs classiques que vous devez à tout prix éviter :
1) Ne pas établir de contrats ou d’accords détaillant la répartition des droits de propriété intellectuelle (PI) dès le début de la collaboration.
Bonne pratique: mettre en place des contrats explicites avant le début du projet, définissant clairement les droits de pi de chaque partie.
2) Présumer que l’entreprise détient automatiquement tous les droits de PI sans reconnaître les contributions des étudiants.
Bonne pratique: reconnaître les contributions des étudiants et négocier des accords de copropriété ou de transfert de droits si nécessaire.
3) Ne pas inclure de clauses de confidentialité, ce qui peut conduire à la divulgation non autorisée d’informations sensibles.
Bonne pratique: intégrer des clauses de confidentialité dans les accords pour protéger les informations sensibles échangées durant le projet.
Le texte de loi numéro un qui régit la PI est le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI): Il couvre les droits d’auteur, les brevets, les marques, et les dessins et modèles. Les Articles L111-1 à L713-7 vous seront les plus utiles.
Plus d’informations ici.
Notre conseil : Ne lancez pas un challenge où la propriété intellectuelle revient à 100% à l’entreprise, votre image en pâtira et vous aurez moins de participants.
Comment bien communiquer sur votre challenge ?
Une collaboration réussie ne se limite pas à un simple post LinkedIn des gagnants. Il faut une communication régulière !
Par exemple, pour le challenge Web3 & Metaverse Project, des actions de communication avaient été mise en place lors de chaque journées de l’innovation organisées en école.
Résultat : une grande visibilité pour les entreprises partenaires, plus de 200 000 impressions rien que sur Linkedin !
Un challenge étudiant est partie intégrante d’une stratégie de marque employeur et mérite une place de choix dans vos supports de communication comme le blog, les newsletters et surtout LinkedIn. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, envoyez-moi un MP.
Il est important de mettre en avant les réalisations des étudiants et le corps professoral tout au long du challenge et même après. Tout en respectant les droits de propriété intellectuelle et RGPD bien évidemment !
Cela contribue à renforcer la marque employeur de l’entreprise et à valoriser les étudiants et les écoles partenaires.
En conclusion
Une collaboration efficace entre entreprises et écoles repose sur :
- Une planification rigoureuse et en adéquation avec les besoins des écoles et universités
- Un suivi et une communication régulière des étudiant.es
- Un respect des droits de propriété intellectuelle des étudiants
- Une promotion sur le long terme du projet
En suivant ces principes, les entreprises peuvent non seulement bénéficier de nouvelles idées et de talents émergents, mais aussi renforcer leur visibilité et leur réputation auprès des futurs professionnels.